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17.04.2008

A la santé d'Aimé Césaire

1827251478.jpg Une tristesse de plus, même s'il est parti à 94 ans... Les temps sont durs, et c'est encore un grand Monsieur qui nous quitte...

Pourquoi parler de lui ? D'abord parce que j'aime sa poésie au même degré qu'Akhmatova.

De plus, Aimé Césaire a bien des points communs avec le Bavaisis, vous allez voir.

Oh, bien sûr, ça n'a rien à voir avec la couleur de sa peau, mais les connaisseurs retrouveront dans les combats d'Aimé Césaire les idées de laïcité, de racines, de décolonisation et de décentralisation qui sont une face blanche au contraste des idées sombres du fréhautisme (fermeture de la Mairie entre cooptés du même clan, bavaiso-bavaisisme, communautarisme, clientélismes....)

Venu à Paris dans les années '30 au Lycée Louis-le-Grand, il y avait rencontré Sédar Senghor. Ensemble ils avaient inventé le concept de négritude. Aimé Césaire s'était dressé contre le régime de Vichy avec sa revue Tropiques. On oublie souvent qu'Aimé Césaire entre en politique avec le parti communiste, qu'il quittera en 1957 pour mettre sur pied en 1958 le Parti Progressiste Martiniquais, dont le principal représentant est toujours maire de Fort-de-France. Aimé Césaire avait été Maire de Fort-de-France depuis...1945...

C'était surtout un poète. Ses écrits n'ont pas en France l'audience qu'ils méritent. Je pense notamment au discours prononcé à la Sorbonne en 1948 (pour le centenaire de l'abolition de l'esclavage) (mais aussi à Tropiques) où il dénonçait la période de la colonisation française, rappelait les liens de fraternité entre la métropole et les Territoires qui deviendraient..des collectivités territoriales...et, presque de façon prémonitoire, mettait en garde contre le racisme et une espèce de "choc des civilisations". En 1946 rapporteur de la loi sur la départementalisation des territoires de Martinique, Guyane, Guadeloupe et de La Réunion, il avait contribué de façon décisive à ce que des "Colonies" deviennent des départements, tout simplement, régis par la loi de...1871...

Je salue aussi Aimé Césaire car, dans ses dernières volontés, il a exprimé le fait que son corps ne passe pas par l'église. Ses funérailles seront célébrées au stade de Fort de France, demain. Il était fort probablement maçon, un vrai, et ça me remplit le coeur de joie.

Tout ça me fait penser au gros travail institutionnel qu'il faut monter sur le territoire du Bavaisis pour le développer et à l'immense travail à entreprendre pour retisser un vrai travail de laicité, de progressisme car, à mon sentiment, l'état actuel n'est pas satisfaisant.

A toutes les calotins de Bavay, les racistes dissimulés et les mauvais sujets en costume de raccroc, les mauvaises âmes, je rappelle que le 9 et le 16 mars 2008, ils ont montré leur intolérance contre "les communistes" et "les vieux" et même les Belges, tiens. Sisi ;-).Heureusement, ce sont des gens comme Aimé Césaire, des musiciens, des poètes et même des noirs, tiens, qui montrent le chemin. Cependant j'ai eu la chance de rencontrer quelques âmes bien vissées à Bavay, je suis donc confiant. Adonc, avec le temps, il y aura un Karim et une Fatima à la Mairie de Bavay, c'est un (ex)belge qui vous le dit..On va décoincer tout ça !

Je ne peux donc me taire à la pensée de la dernière manifestation ratée organisée par Francine Cailleux (adjointe sur une liste UMP...) à la bibiothèque de Bavay : le recours à un prestataire externe, Karim Feddal, pour faire djeune et tolérant, BIEN SUR.  D'après la Voix du Nord du 15 avril "l'animateur de ces ateliers, Karim Feddal, a été accueilli à la bibliothèque pour un premier rendez-vous avec les enfants...la bibliothèque municipale de Bavay a invité Karim Feddal, animateur d'atelier d'expression slam. Cet artiste s'adressse à un public de huit à douze ans..."

Evidemment, on peut penser que le slam s'adresse plutôt aux adolescents...Quoique les filles des "Scouts Européens"  de Bavay (et surtout leurs précieuses familles) soient PEUT-ETRE réticentes à rencontrer un Karim... Sait-on jamais...

Evidemment, ça fait bien d'inviter un jeune immigré méritant, un artiste surtout quand on a une belle écharpe et les moyens qui vont avec. J'ai tant vu ça à Bruxelles, j'ai tant vu d'immigrés bruxellois-prétextes que je m'énerve un peu.

Chère Francine, la tolérance ne s'enseigne pas d'autorité. Elle ne se subsidie pas. Elle s'enseigne au jour le jour, dans le bruit et l'odeur, la souffrance et les risques politiques. C'est pour ça que ton atelier slam n'a pas le succès qu'il devrait avoir : les gens de Bavay ne sont pas préparés. Tu aurais dû montrer l'exemple en campagne électorale. Essaie donc de mettre un Mohamed sur ta liste de Maire 2012, ça fera tellement naturel...

C'est comme la Lumière, chère Francine. La Lumière n'est pas l'apanage de quelques-unes, surtout si elles SE considèrent comme une élite. La lumière de la Tolérance se suscite par un travail quotidien, avec ses propres deniers, et pas d'autorité, derrière un bureau, avec l'argent de la collectivité. C'est un peu comme le jazz qu'apprécie notre bon Maire. C'est bien d'aimer le jazz, c'est mieux d'en jouer...

C'est aussi parce que Jean Jarosz est un poète et un musicien qu'il a tout mon soutien. Il n'est pas noir mais je crois bien qu'il est tolérant, lui.

Une citation d'Aimé Césaire ?
"On me parle de civilisation, je parle de prolétarisation et de mystification".

Aimé Césaire avait-il d'abord refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy lors d'un voyage prévu puis annulé en Martinique et aux Antilles en 2005, en signe de protestation contre la loi de février 2005. Cette loi, votée par l'UMP, dont un article reconnaît "le rôle positif de la présence française outre-mer"... Il avait finalement reçu en mars 2006 le ministre de l'Intérieur, en lui offrant son "Discours sur le colonialisme".  Je DOUTE que le Président l'ait lu...ou qu'il en ait retenu quoi que ce soit...

Je rappelle que la droite en France continue la chasse aux sans-papiers...Beaucoup sont noirs et ont risqué leur peau pour arriver en France. Dans le 59, avant d'être chassés de France, ils sont emprisonnés sans jugement préalable et soumis à des brutalités dans le camp rétention de Seclin, près de l'aéroport, par une police dont les statuts ont été rédigés par le régime de Vichy.
Dans mon parti, le PS, on attend toujours un communiqué de Francine Cailleux ou de Rémi Pauvros sur la question, d'ailleurs. 

A ta santé, Aimé Césaire ! A votre santé à tous, chers Bavaisiens positifs  !


 

image : source : www.grioo.com 

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